lundi 2 octobre 2017

Catalogne: la Commission européenne sort de sa réserve


Source photo: www.liberation.fr
Au lendemain d’un référendum marqué par des violences en Catalogne, la Commission européenne est sortie prudemment lundi de sa réserve, rejetant la violence comme «instrument en politique» et appelant «tous les acteurs» à passer «de la confrontation au dialogue».
«Au regard de la Constitution espagnole, le vote d’hier en Catalogne n’était pas légal», a rappelé devant la presse le porte-parole de l’exécutif européen, Margaritis Schinas, réitérant la position habituelle de Bruxelles, en ligne avec celle de Madrid. Mais après ce préalable, la Commission est allée plus loin qu’elle ne se l’était jusqu’ici autorisé. «Nous appelons tous les acteurs pertinents à passer rapidement de la confrontation au dialogue», a déclaré M. Schinas, lisant un communiqué. «La violence ne peut jamais être un instrument en politique», a-t-il ajouté.
Il s’est toutefois refusé à répondre à la question de savoir si la Commission condamnait spécifiquement les violences policières qui ont fait de nombreux blessés dimanche en Catalogne, où 10.000 membres des forces de l’ordre avaient été envoyés en renfort selon le journal El Pais.
Concernant son appel au dialogue, la Commission a assuré faire «confiance au ‘leadership’ du Premier ministre Mariano Rajoy pour mener ce processus, en plein respect de la Constitution espagnole». Tout en ajoutant qu’il fallait aussi respecter «les droits fondamentaux des citoyens qui y sont inscrits».

Affaires « internes »

Pressée de questions ces dernières semaines, la Commission avait jusque-là systématiquement esquivé en martelant son «respect de l’ordre constitutionnel espagnol».
Elle avait aussi répété son attachement scrupuleux à «la doctrine Prodi», du nom de l’Italien Romano Prodi, ancien président de la Commission, qui avait établi en 2004 qu’un Etat né d’une sécession au sein de l’UE ne serait pas automatiquement considéré comme faisant partie de l’Union.
Du côté des capitales européennes, très réticentes à commenter des affaires décrites comme «internes», de rares voix sont sorties d’un silence embarrassé, après les violences ayant émaillé le vote de dimanche.

La Belgique brise le silence

Le gouvernement belge, où les nationalistes flamands de la N-VA occupent des postes clés, a eu les mots les plus directs. «La violence n’est pas la réponse, nous condamnons toute forme de violence et réitérons notre appel au dialogue politique», a lancé dimanche le Premier ministre belge Charles Michel, applaudi par les ministres indépendantistes flamands de sa coalition.
«Inquiet de la situation», le Premier ministre centriste slovène Miro Cerar a lui aussi appelé «au dialogue politique» et à des «solutions pacifiques».
Sans surprise, la Première ministre écossaise, favorable à l’indépendance de l’Ecosse, avait appelé dimanche l’Espagne «à changer de cap avant que quelqu’un ne soit grièvement blessé».

Médiation

Selon le politologue Hendrik Vos, la retenue européenne observée jusqu’ici sur la situation en Espagne est liée «au fait que Mariano Rajoy est membre du Parti populaire européen (PPE)» majoritaire au Parlement européen et dont est membre le président de la Commission, Jean-Claude Juncker.
M. Rajoy «a fait savoir qu’aucune médiation n’était nécessaire, ce qui a pesé sur le fait que l’UE a détourné le regard», estime ce spécialiste des questions européennes. «Mais maintenant, il va y avoir une pression d’Etats membres et aussi de personnalités au sein du PPE» pour qu’une médiation ait lieu, a-t-il estimé.
La Commission n’a «pas un rôle à jouer à ce stade», a toutefois jugé lundi son porte-parole.

source: www.lesoir.be

jeudi 21 septembre 2017

Le gouvernement catalan admet qu'un coup a été porté à son référendum



photo source: www.elperiodico.com

Après l'arrestation de hauts responsables du gouvernement catalan mercredi, ce dernier a admis que la tenue du référendum serait compliquée mais pas compromise pour autant. Une manifestation est prévue ce jeudi midi.

Le gouvernement séparatiste catalan a reconnu ce jeudi que l'opération policière d'envergure menée la veille dans la région a ralenti l'organisation le 1er octobre d'un référendum d'autodétermination interdit par la justice. «Il est évident que les règles du jeu ont été altérées», a déclaré à la télévision catalane TV3 le vice-président du gouvernement Oriol Junqueras.
Le fait que ce référendum «ne peut avoir lieu dans les circonstances que nous aurions souhaitées est évident car nous aimerions que tous les citoyens de ce pays puissent circuler sans être arrêtés», a ajouté Junqueras. «Nous ne sommes pas en mesure de voter comme d'habitude», a-t-il dit, alors que depuis des mois le gouvernement séparatiste assurait avoir tout mis en place pour que ce scrutin soit crédible et puisse être reconnu. Mais le vice-président s'est engagé à tout faire pour que le scrutin ait bien lieu le 1er octobre, «je suis convaincu qu'une majorité de citoyens de ce pays (la Catalogne) veulent voter».

La garde civile espagnole a arrêté mercredi 14 hauts responsables du gouvernement de la Catalogne. Sur la liste figurait Josep Maria Jové, le bras droit d'Oriol Junqueras, chef du parti ERC, gauche républicaine de Catalogne. Cette opération a été assortie de nombreuses perquisitions notamment dans un entrepôt à une cinquantaine de kilomètres de Barcelone où les forces de l'ordre ont saisi près de 10 millions de bulletins de vote. L'opération était présentée jeudi par plusieurs quotidiens comme un coup décisif porté à l'organisation logistique du référendum que la Cour constitutionnelle espagnole a interdit.


Ces arrestations ont suscité une vague de manifestations de militants séparatistes, notamment à Barcelone, contre la politique «répressive», de l'État central. Les Catalans soutiennent en effet à plus de 70% l'idée d'organiser un référendum en bonne et due forme, avec l'accord du gouvernement central, pour savoir si une majorité de la population veut l'indépendance. Mais le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, accusé d'immobilisme par ses adversaires, martèle depuis 2012 qu'il ne peut négocier un tel scrutin «illégal», et qui n'est pas prévu par la Constitution.

Source: lefigaro.fr

jeudi 29 juin 2017

Réchauffement climatique : il ne reste que 3 ans pour inverser la tendance

Un groupe de scientifiques et dirigeants sonne l'alerte : nous n'aurions plus que jusqu'en 2020 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre si l'on veut espérer atteindre les objectifs de l'accord de Paris.


Jean-Paul Fritz Jean-Paul FritzPublié le 28 juin 2017 à 19h24

Quelles que soient les bonnes intentions affichées par la quasi totalité de la planète lors de la COP21, l'accord de Paris sur le climat semble avoir du plomb dans l'aile, et pas seulement à cause du retrait des Etats-Unis décidé par le président Trump. Espérer contenir l'augmentation globale des températures à 1,5° par rapport à la moyenne de l'ère pré-industrielle est déjà un objectif difficile. L'accord de Paris vise pourtant cet objectif, et a minima voudrait maintenir cette hausse "nettement en dessous de 2°".

Certains ne croient pas que cela soit faisable, sauf à prendre des mesures drastiques, et pensent que la cible des 2° serait de la science-fiction si l'on se contentait de ce qui est suggéré par l'accord de Paris, et qu'il faudrait se préparer à un monde difficile approchant les +3° à la fin du siècle.

Aujourd'hui, c'est un groupe de décideurs et de scientifiques, emmenés par Christiana Figueres, vice-présidente de la Convention mondiale des maires pour le climat et l'énergie, qui alerte la communauté internationale dans un article publié par "Nature".

Les auteurs ont été rejoints par de nombreux signataires du monde politique, universitaire, mais aussi économique. Ils affirment que nous n'avons plus que trois ans pour infléchir nos émissions de gaz à effet de serre. Si ces émissions continuaient à augmenter, ou même restaient stables en 2020, il serait alors impossible d'atteindre les objectifs de la COP21. Pourtant, les auteurs de cet appel pensent qu'il est encore possible d'y parvenir... à condition de faire chuter nos émissions d'ici 2020.

Six mesures à prendre d'urgence

Pour réussir, six grands objectifs ont été définis :

1- Faire monter le pourcentage d'énergies renouvelables à au moins 30% de la production d'électricité mondiale, ne plus autoriser de centrales à charbon après 2020 et fermer celles qui existent encore.

2- Décarboner les immeubles et les infrastructures dans les villes et les états d'ici 2050. Cela signifie entre autres que les villes fassent passer au moins 3% de leurs bâtiments par an à un mode proche de zéro émissions.

3- Porter à au moins 15% la part des véhicules électriques dans les ventes de véhicules neufs, doubler l'utilisation des transports en commun dans les villes, passer à 20% le rendement du carburant des poids lourds et diminuer de 20% les émissions de gaz par kilomètre parcouru pour les avions.

4- Réduire la destruction des forêts et s'engager dans la reforestation. Les émissions actuelles provenant de la déforestation et du changement d'usage des terres ainsi déboisées représentent 12% des émissions annuelles globales. Les réduire à zéro et replanter des arbres, cela veut dire non seulement arrêter les émissions, mais aussi créer des "puits à carbone" (les forêts) pour absorber une partie du gaz carbonique de l'atmosphère. Des pratiques d'agriculture durables sont également recommandées.

5- Accroître l'efficacité énergétique et diviser par deux les émissions de l'industrie avant 2050. Les industries lourdes (aciéries, cimenteries, usines chimiques, pétrole, gaz...) représenteraient en effet plus du cinquième des émissions mondiales de gaz carbonique.

6- Le monde de la finance doit lui aussi faire des efforts. Il doit pouvoir mobiliser mille milliards par an pour les actions en faveur du climat. Les gouvernements et les banques doivent émettre davantage de "green bonds" (les obligations vertes).

"Impossible n'est pas un fait, c'est une attitude"

"Utiliser la science pour guider les décisions et définir les objectifs," c'est un principe qui hérissera probablement Donald Trump, mais c'est la méthode indispensable pour réussir à combattre le changement climatique. "Les politiques et les actions doivent être basées sur des faits solides," assurent les auteurs. On est loin des "faits alternatifs"...

Ils citent d'ailleurs en exemple la campagne de communication d'Emmanuel Macron, "Make our planet great again" : "Il a parlé au grand public pour soutenir les scientifiques et invité des chercheurs à venir en France pour aider à accélérer les actions en faveur des accords de Paris." Un exemple qui serait à suivre le plus largement possible pour informer la société en général, mais aussi le monde économique des enjeux du changement climatique.


Quelles que soient les bonnes intentions affichées par la quasi totalité de la planète lors de la COP21, l'accord de Paris sur le climat semble avoir du plomb dans l'aile, et pas seulement à cause du retrait des Etats-Unis décidé par le président Trump. Espérer contenir l'augmentation globale des températures à 1,5° par rapport à la moyenne de l'ère pré-industrielle est déjà un objectif difficile. L'accord de Paris vise pourtant cet objectif, et a minima voudrait maintenir cette hausse "nettement en dessous de 2°".

Certains ne croient pas que cela soit faisable, sauf à prendre des mesures drastiques, et pensent que la cible des 2° serait de la science-fiction si l'on se contentait de ce qui est suggéré par l'accord de Paris, et qu'il faudrait se préparer à un monde difficile approchant les +3° à la fin du siècle.

Aujourd'hui, c'est un groupe de décideurs et de scientifiques, emmenés par Christiana Figueres, vice-présidente de la Convention mondiale des maires pour le climat et l'énergie, qui alerte la communauté internationale dans un article publié par "Nature".

Les auteurs ont été rejoints par de nombreux signataires du monde politique, universitaire, mais aussi économique. Ils affirment que nous n'avons plus que trois ans pour infléchir nos émissions de gaz à effet de serre. Si ces émissions continuaient à augmenter, ou même restaient stables en 2020, il serait alors impossible d'atteindre les objectifs de la COP21. Pourtant, les auteurs de cet appel pensent qu'il est encore possible d'y parvenir... à condition de faire chuter nos émissions d'ici 2020.


Six mesures à prendre d'urgence

Pour réussir, six grands objectifs ont été définis :

1- Faire monter le pourcentage d'énergies renouvelables à au moins 30% de la production d'électricité mondiale, ne plus autoriser de centrales à charbon après 2020 et fermer celles qui existent encore.

2- Décarboner les immeubles et les infrastructures dans les villes et les états d'ici 2050. Cela signifie entre autres que les villes fassent passer au moins 3% de leurs bâtiments par an à un mode proche de zéro émissions.

3- Porter à au moins 15% la part des véhicules électriques dans les ventes de véhicules neufs, doubler l'utilisation des transports en commun dans les villes, passer à 20% le rendement du carburant des poids lourds et diminuer de 20% les émissions de gaz par kilomètre parcouru pour les avions.

4- Réduire la destruction des forêts et s'engager dans la reforestation. Les émissions actuelles provenant de la déforestation et du changement d'usage des terres ainsi déboisées représentent 12% des émissions annuelles globales. Les réduire à zéro et replanter des arbres, cela veut dire non seulement arrêter les émissions, mais aussi créer des "puits à carbone" (les forêts) pour absorber une partie du gaz carbonique de l'atmosphère. Des pratiques d'agriculture durables sont également recommandées.

5- Accroître l'efficacité énergétique et diviser par deux les émissions de l'industrie avant 2050. Les industries lourdes (aciéries, cimenteries, usines chimiques, pétrole, gaz...) représenteraient en effet plus du cinquième des émissions mondiales de gaz carbonique.

6- Le monde de la finance doit lui aussi faire des efforts. Il doit pouvoir mobiliser mille milliards par an pour les actions en faveur du climat. Les gouvernements et les banques doivent émettre davantage de "green bonds" (les obligations vertes).

"Impossible n'est pas un fait, c'est une attitude"

"Utiliser la science pour guider les décisions et définir les objectifs," c'est un principe qui hérissera probablement Donald Trump, mais c'est la méthode indispensable pour réussir à combattre le changement climatique. "Les politiques et les actions doivent être basées sur des faits solides," assurent les auteurs. On est loin des "faits alternatifs"...

Ils citent d'ailleurs en exemple la campagne de communication d'Emmanuel Macron, "Make our planet great again" : "Il a parlé au grand public pour soutenir les scientifiques et invité des chercheurs à venir en France pour aider à accélérer les actions en faveur des accords de Paris." Un exemple qui serait à suivre le plus largement possible pour informer la société en général, mais aussi le monde économique des enjeux du changement climatique.

Macron répond à Trump sur le climat : "Make our planet great again"


Les auteurs et signataires souhaitent également que les solutions existantes soient démultipliées. "Tous les pays devraient adopter des plans pour arriver à 100% de production d'énergies renouvelables", affirment-ils.

Enfin, ce groupe de scientifiques et de décideurs veut "encourager l'optimisme," car pour eux "impossible n'est pas un fait, c'est une attitude". En partageant les solutions qui marchent, on devrait pouvoir les répandre et arriver à des résultats tout en se dotant d'objectifs ambitieux.

A la veille du G20, qui se tient à Hambourg les 7 et 8 juillet, les signataires ont également lancé une "campagne collaborative" pour faire baisser les émissions

La bonne nouvelle : les émissions stagnent


Les signataires de l'appel notent tout de même un point positif : "les émissions de gaz à effet de serre se sont déjà séparées de la production et de la consommation", assurent-ils. Lors des trois dernières années, la production des gaz issus des combustibles fossiles a stagné, ce qui ne s'était produit que trois fois auparavant : au début des années 80, en 1992 et en 2009. Les trois fois, c'était lié à des difficultés économiques. Mais pour la stagnation actuelle, au contraire, "le PIB des principales nations développées et en voie de développement a augmenté d'au moins 3,1% par an". Il est donc possible de réduire les gaz à effet de serre sans pénaliser l'économie...

Mieux encore, c'est l'économie elle-même qui peut être l'un des moteurs de ce changement. "Nous sommes à un point où nous sommes propulsés en avant par l'attraction du marché et non par la poussée de l'idéologie," affirme Christiana Figueres. "Nous avons enfin réalisé que ce n'est pas une situation où, soit l'on fait croître l'économie, soit on protège l'environnement. Nous pouvons créer des emplois, recréer des communautés qui ont perdu des emplois (...), et en faisant cela, résoudre le problème du changement climatique."

"Il n'y a pas d'emplois sur une planète morte," déclare Sharan Burrow, secrétaire générale de la confédération syndicale internationale. Pour elle, la lutte contre le changement climatique "créera des emplois, et créera l'espoir."

1,5° ou 2°, quelle différence ?

On pourrait croire qu'atteindre des niveaux supérieurs à ceux prévus par l'accord de Paris n'est pas si grave que ça, après tout, "nettement en dessous de 2°", c'est assez vague et dans une logique purement "économique" on pourrait se contenter d'un succès modéré. Pourtant, une telle analyse serait loin de la réalité.

L'an dernier, une étude européenne publiée dans le "Journal of Earth System Dynamics" illustrait la différence que représenterait ce petit 0,5 degré. Par exemple, on assisterait à davantage de canicules mortelles, l'influence sur les récoltes seraient bien plus importante, les régions du monde où l'accès à l'eau potable est difficile deviendraient beaucoup plus nombreuses, et cela pourrait représenter la différence entre la vie et la mort pour de nombreux récifs coralliens.

"La différence entre 1,5 et 2°C marque la transition entre la limite haute de la variabilité d'aujourd'hui et un nouveau régime climatique en matière d'extrêmes de chaleur de manière globale," expliquent les auteurs de cette dernière étude. Ce qui veut dire que les canicules d'aujourd'hui pourraient sembler fraîches en comparaison de ce qui nous attendrait.

Rappelons que nous sommes déjà autour des 1° d'augmentation par rapport au 19e siècle, et qu'on en voit déjà les effets.

Pourquoi 3 ans seulement ?

Pour en arriver à ce chiffre en apparence arbitraire, les signataires de l'article de "Nature" ont effectué des calculs de "budget carbone", évaluant combien d'émissions supplémentaires correspondraient à une augmentation de température donnée. Pour rester au-dessous des 1,5°, ces émissions seraient de 150 gigatonnes et pour se maintenir sous les 2°, dans les 1.500 gigatonnes. Au rythme actuel de 41 gigatonnes par an, on dépasserait la première limite avant 4 ans. Pire, en seulement 15 ans on serait presque à la moitié des quantités nécessaires pour atteindre les fameux 2°. Dans les deux cas, l'accord de Paris est dans le rouge.

C'est pourquoi tous ceux qui soutiennent cet avertissement estiment non seulement que le changement est possible, mais qu'il est souhaitable.

"Nous avons deux voies devant nous" explique Christiana Figueres. "La première, c'est une attaque sur les droits de l'homme, l'accroissement des inégalités et de la pauvreté. L'autre voie mène à des créations d'emplois, à la stabilité, à l'amélioration de la qualité de vie. Nous n'avons pas le choix, nous devons nous occuper du changement climatique, avec tous les bénéfices que cela représente. Il n'est ni logique ni moral de comparer ces deux voies. "

Source> le nouvel obs

dimanche 25 juin 2017

Qatar: la crise dans le Golfe résumée en 4 points




Retour sur quatre aspects de la crise, alors qu'Erdogan a réitéré son soutien au petit émirat ce dimanche, critiquant les conditions de levée du blocus formulées par les pays du Golfe.

C'est la plus grave crise diplomatique au Moyen-Orient depuis des années. Mis au ban diplomatique par Ryad et ses alliés, le Qatar, pays gazier parmi les plus riches du monde, est accusé de "soutenir le terrorisme". Alors que Recep Tayyip Erdogan a critiqué ce dimanche l'ultimatum des pays du Golfe fait au petit émirat, retour en quatre points sur l'escalade des tensions.

La rupture des liens diplomatiques


Le 5 juin, l'Arabie saoudite, l'Égypte, Bahreïn et les Émirats arabes unis mettent un terme à leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Une décision assortie de mesures économiques, comme la fermeture des frontières terrestres et maritimes, les interdictions de survol et des restrictions sur le déplacement des personnes. Le pays est exclu de la grande coalition militaire arabe dirigée par Ryad.

Le Qatar est mis au ban. Officiellement, il est accusé par l'Arabie saoudite et ses alliés de "soutien au terrorisme", autrement dit d'être en lien avec les organisations djihadistes Al-Qaïda, le groupe État islamique (EI) et les Frères musulmans, confrérie soutenue par le Qatar pendant les printemps arabes et considérée comme une organisation terroriste par les autres pays du Golfe.

Les raisons et les conséquences du blocus


Derrière cette déstabilisation, on trouve la volonté de l'Arabie saoudite d'étendre son influence sur la région, de même que celle d'attirer l'attention des États-Unis, expliquait à L'Express Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du Moyen-Orient, au début de la crise.



"L'objectif pour l'Arabie saoudite et ses alliés est de faire comprendre aux États-Unis qu'ils sont les partenaires à privilégier pour combattre le terrorisme", disait-il. De fait, la rupture des relations avec le Qatar se produit quinze jours après une visite à Ryad du président américain Donald Trump, qui a demandé aux pays musulmans d'agir de manière décisive contre l'extrémisme religieux.

Les premières conséquences pleuvent: l'Égypte et six compagnies aériennes du Golfe suspendent des vols sur Doha. En retour, la compagnie aérienne Qatar Airways suspend elle aussi tous ses vols à destination de l'Arabie Saoudite, de l'Égypte, des Émirats Arabes Unis et de Barheïn. Les supermarchés sont pris d'assaut, de peur d'une pénurie alimentaire. Les locaux de la chaîne qatarie Al-Jazeera sont fermés par les autorités saoudiennes à Ryad.

Les conditions posées par Ryad et ses alliés



Le 22 juin, l'Arabie saoudite, l'Égypte, les Émirats arabes unis et le Bahreïn posent treize conditions pour mettre fin au blocus qu'ils ont imposé au petit émirat. Parmi celles-ci, la réduction de ses relations avec l'Iran, la fermeture de la chaîne Al-Jazeera, dont la ligne éditoriale est jugée par ses détracteurs trop favorable aux islamistes, ainsi que celle de la base militaire turque sur son sol.

La liste de ces exigences est transmise à Doha par le médiateur koweïtien et dix jours sont donnés au petit pays gazier pour satisfaire ces demandes. La chaîne de télévision qatarie, longtemps source de conflit entre Doha et ses voisins, réagit en dénonçant une atteinte à la liberté d'expression.


Dans les 13 demandes qui lui ont été remises, le Qatar est aussi appelé à expulser les membres ou les éléments liés aux Gardiens de la révolution, armée d'élite de la République islamique d'Iran, se trouvant sur son sol, rapportent des médias. Il devrait aussi rompre toute coopération militaire ou dans le domaine du renseignement avec Téhéran.

Le Qatar a jugé cette liste "déraisonnable". La liste n'est "pas destinée à combattre le terrorisme mais à empiéter sur la souveraineté du Qatar et à s'ingérer dans sa politique étrangère", a déclaré samedi le directeur du bureau de communication gouvernemental, cheikh Saif ben Ahmed Al-Thani.

La Turquie prend la défense de Doha

Depuis le début de la crise, Recep Tayyip Erdogan s'affiche comme le principal défenseur de Doha, rejetant les accusations de soutien au terrorisme. "S'efforcer d'isoler un pays dans tous les domaines [...] est inhumain, contraire [aux valeurs de] l'islam", déclare le président turc, lors d'un discours retransmis à la télévision le 13 juin. "Je pense qu'en tant qu'aîné du Golfe, le roi d'Arabie saoudite devrait résoudre cette affaire, faire preuve de leadership", a-t-il ajouté.

Ce dimanche, Erdogan a réitéré son soutien au Qatar, critiquant l'ultimatum posé par les pays du Golfe pour lever l'embargo. Il s'agit "d'une attaque contre les droits souverains d'un pays", a-t-il dit. "Nous soutenons [la position du Qatar] parce que nous considérons que la liste de 13 demandes est contraire au droit international", a déclaré le chef de l'État turc, cité par l'agence gouvernementale Anadolu.

La Turquie a en outre commencé à envoyer au Qatar par avion et par mer des denrées alimentaires.

Source: lexpress.fr

mercredi 21 juin 2017

Le Portugal en proie aux incendies meurtriers


Un millier de pompiers continuent de lutter contre le feu de forêt qui ravage depuis samedi une région montagneuse du centre du Portugal, où 64 personnes au moins ont été tuées et 135 blessées.




Sous le choc, le Portugal restait suspendu au combat sans relâche de plus d’un millier de pompiers qui tentaient toujours lundi soir de maîtriser l’immense incendie de forêt dans le centre du pays. Celui-ci a fait au moins 64 morts, dont un Français, et 135 blessés. Si 70 % du brasier était désormais sous contrôle, selon la protection civile, les flammes continuaient à ravager les collines boisées de la région de Pedrogao Grande, où l’incendie a démarré samedi, ont constaté des journalistes de l’AFP. Près du petit village d’Atalaia Funderai, où un gros nuage de fumée s’élevait d’un terrain proche d’une maison, des habitants tentaient d’éteindre le feu à l’aide de seaux d’eau et d’un réservoir juché sur un tracteur. « J’ai vu beaucoup d’incendies, mais comme celui-là, jamais. Ce n’est jamais arrivé ici, la manière dont il s’est propagé, la rapidité », glisse Betty Jesus, une Vénézuélienne de 50 ans, venue aider. La situation restait « complexe et parfois préoccupante dans la zone de Pedrogao Grande. Nous avons dû déplacer des populations et les confiner. Tous les moyens restent mobilisés », a assuré le commandant des opérations de la protection civile, Eliseu Oliveira.
Près de 26 000 hectares de forêt ont déjà été consumés par les flammes, selon le Système européen d’information sur les incendies de forêt. La police judiciaire a écarté la thèse criminelle au profit de celle d’un orage sec, avec un arbre frappé par la foudre comme point de départ de l’incendie. Mille cent cinquante pompiers étaient mobilisés dans le centre du pays, et plus de 2 400 dans l’ensemble du Portugal, où ils luttaient contre une centaine de foyers au total, avec environ 700 véhicules. Onze avions de lutte anti-incendie ont été déployés autour de Pedrogao Grande, envoyés par la France, l’Italie et l’Espagne, mais ils ont été cloués au sol par la fumée pendant une partie de la matinée. Le drame a touché des zones isolées, où vivent beaucoup de personnes âgées....



Source: www.lemonde.fr

mercredi 31 mai 2017